Le ginkgo biloba présente surtout deux types de dangers : un risque accru de saignements, notamment en cas de traitement anticoagulant, et des effets indésirables possibles comme des maux de tête, des troubles digestifs ou des réactions cutanées. Des cas plus rares de convulsions et d’intoxication existent, surtout avec les graines crues.
Si tu t’intéresses aux plantes pour la mémoire, la circulation ou les acouphènes, tu as probablement déjà croisé le ginkgo biloba partout en parapharmacie. Je vois souvent cette plante citée dans les ateliers sur les remèdes naturels, mais ses risques sont rarement expliqués clairement… alors nous allons tout mettre à plat.
Le ginkgo biloba est-il dangereux en soi ?
Pris par voie orale aux doses usuelles, l’extrait de feuilles de ginkgo biloba est généralement bien toléré chez l’adulte en bonne santé. Les dangers apparaissent surtout en cas de terrain à risque (troubles de la coagulation, épilepsie, grossesse), de surdosage, d’association avec certains médicaments ou de consommation de graines crues.

Les grandes monographies (Agence Européenne des Médicaments, Mayo Clinic, National Center for Complementary and Integrative Health) classent le ginkgo feuille comme « généralement sûr » dans des conditions normales d’emploi, tout en soulignant plusieurs effets indésirables possibles et des contre-indications précises. L’extrait est très différent des graines, qui contiennent des neurotoxines capables de provoquer des convulsions et des intoxications sévères.
Autre point important : l’Agence Internationale de Recherche sur le Cancer (IARC) a classé l’extrait de feuille de ginkgo biloba comme cancérogène possible pour l’humain (groupe 2B) après des études chez le rongeur. Cela ne signifie pas que prendre une gélule conduit au cancer, mais cela indique que la prudence est de mise, surtout sur le long terme ou à fortes doses.
Quels sont les principaux dangers du ginkgo biloba ?
Les dangers documentés du ginkgo biloba concernent surtout le risque de saignement, les troubles neurologiques (convulsions, céphalées), les réactions allergiques et l’intoxication par les graines.
Voici les risques les plus décrits dans la littérature scientifique :
- Augmentation du risque de saignement : plusieurs cas de saignements graves ont été décrits (hémorragies intracrâniennes, saignement de l’iris) chez des personnes prenant du ginkgo associé à de l’aspirine, de la warfarine ou d’autres anticoagulants.
- Convulsions et crises épileptiques : la ginkgotoxine, présente surtout dans les graines mais aussi en traces dans les feuilles, abaisse le seuil de convulsion. Chez les personnes épileptiques ou à risque, le ginkgo peut favoriser des crises.
- Réactions allergiques : le ginkgo peut déclencher des éruptions cutanées, des démangeaisons, voire des réactions cutanées sévères comme l’« exanthème pustuleux généralisé aigu ».
- Toxicité des graines crues ou rôties : dans plusieurs pays asiatiques, des intoxications parfois mortelles ont été rapportées après consommation de graines, avec convulsions et troubles neurologiques.
- Doute carcinogène : chez le rat et la souris, de fortes doses d’extrait de ginkgo ont provoqué davantage de tumeurs du foie et de la thyroïde, d’où la classification en cancérogène possible.
Côté symptômes quotidiens, des effets secondaires plus « classiques » peuvent apparaître : maux de tête, vertiges, palpitations, troubles digestifs (nausées, constipation, diarrhée), fatigue et réactions cutanées. Dans la plupart des études cliniques, ces effets restent modérés et comparables au groupe placebo.
À surveiller particulièrement : si tu prends un anticoagulant, un antiagrégant (aspirine, clopidogrel), un anti-inflammatoire (type ibuprofène), un antidépresseur ISRS ou un antiépileptique, le ginkgo peut modifier l’efficacité du traitement et augmenter le risque de saignement ou de convulsion.
Quels sont les effets secondaires fréquents du ginkgo biloba ?
Les effets secondaires les plus fréquents du ginkgo biloba sont des troubles digestifs légers, des maux de tête, des vertiges et des réactions cutanées de type rougeurs ou démangeaisons. Ils surviennent généralement au début de la cure et disparaissent à l’arrêt ou après ajustement de la dose.
Les grandes bases médicales listent notamment :
- maux de tête, sensation de tête lourde ou de pression ;
- vertiges, impression de perte d’équilibre ;
- palpitations, cœur qui bat plus vite ou fort ;
- nausées, douleurs abdominales, constipation ou diarrhée ;
- éruptions cutanées, urticaire, démangeaisons ;
- fatigue, agitation ou troubles du sommeil dans certains cas.
Personnellement, chaque fois que je teste une plante en complément, je commence par des doses minimales pendant quelques jours pour observer ce type de signaux. Si tu notes des maux de tête inhabituels ou des saignements faciles (bleus, saignement de nez), il vaut mieux interrompre la prise et en parler à un médecin.
Ginkgo biloba et saignement : pourquoi ce risque ?
Le risque de saignement lié au ginkgo biloba vient de son action sur les plaquettes, ces cellules qui participent à la coagulation. Certains composants du ginkgo (ginkgolides) diminueraient l’agrégation plaquettaire, ce qui fluidifie le sang mais peut, chez certaines personnes, faciliter les hémorragies.
Les publications médicales rapportent :
- des cas d’hémorragie intracrânienne chez des patients prenant du ginkgo, parfois associé à de l’aspirine ou de la warfarine ;
- un cas de saignement spontané de l’iris chez un patient âgé traité simultanément par aspirine et ginkgo ;
- un risque accru de saignements dans une large cohorte de vétérans recevant de la warfarine plus du ginkgo.
À l’inverse, une méta-analyse n’a pas retrouvé de modifications significatives des tests de coagulation de laboratoire (temps de prothrombine, agrégation plaquettaire) chez des volontaires prenant du ginkgo. La prudence reste pourtant la règle, car les cas cliniques s’accumulent.
Précaution pratique : la plupart des auteurs recommandent d’arrêter le ginkgo au moins 2 semaines avant une chirurgie programmée pour limiter le risque de saignement per-opératoire. Mentionne toujours les compléments que tu prends à l’anesthésiste.
Ginkgo biloba, acouphènes et migraines : où est le danger ?
Le ginkgo biloba est parfois utilisé pour tenter d’améliorer les acouphènes ou les migraines, en agissant sur la circulation sanguine et l’inflammation. Les études restent mitigées sur l’efficacité, mais les dangers sont essentiellement ceux déjà cités : saignements, interactions médicamenteuses et convulsions à forte dose.

Une revue Cochrane n’a pas montré de bénéfice net du ginkgo sur les acouphènes chroniques, en dehors de certains profils particuliers (démence vasculaire, maladie d’Alzheimer). Si tu souffres d’acouphènes, l’enjeu est surtout d’éviter l’automédication anarchique. Les compléments circulatoires peuvent, chez les personnes sous anticoagulants ou hypotenseurs, déséquilibrer la pression artérielle et la coagulation.
Pour des acouphènes ou migraines récurrentes, un bilan médical reste prioritaire. Les pistes naturelles validées (gestion du stress, hygiène du sommeil, alimentation anti-inflammatoire) sont généralement plus sûres que l’ajout de plusieurs plantes agissant toutes sur la circulation.
Sur SoliNature, on parle aussi de solutions naturelles pour les troubles digestifs qui peuvent aggraver certains maux de tête, par exemple dans l’article sur les traitements naturels du reflux gastrique.
Quelles plantes éviter en cas d’hypertension ou de traitement cardiaque ?
En cas d’hypertension ou de traitement pour le cœur, il faut éviter les plantes qui modifient la tension artérielle, la fréquence cardiaque ou la coagulation, parmi lesquelles le ginkgo biloba, mais aussi l’ail à forte dose, le ginseng, le saule blanc, l’hamamélis ou encore certaines préparations de réglisse.
Le ginkgo peut augmenter le risque de saignement en cas de traitement anticoagulant ou antiagrégant, comme l’aspirine, la warfarine ou le clopidogrel. Le ginseng peut, lui, influencer la pression artérielle et la glycémie, tandis que le saule blanc contient des dérivés salicylés qui fluidifient le sang.
Si tu prends déjà un médicament pour l’hypertension, les palpitations ou une arythmie, l’ajout d’une plante « pour la circulation » mérite un avis médical individualisé. Le guide SoliNature dédié aux dangers des ingrédients naturels détaille précisément ces précautions.
Ginkgo, ginseng, gingembre : ne pas confondre les dangers
Le ginkgo biloba, le ginseng et le gingembre sont trois plantes aux noms proches mais aux effets différents. Le ginkgo agit surtout sur la circulation cérébrale et le risque de saignement, le ginseng est utilisé comme tonique général et peut influencer la tension et la glycémie, alors que le gingembre est surtout connu pour ses effets anti-nauséeux et digestifs.
Quand on se demande « pourquoi prendre du ginseng ? », la réponse est souvent liée à la fatigue ou au stress. Mais associer ginseng, ginkgo et gingembre dans un même complément sans suivi peut multiplier les interactions pharmacologiques (sur la tension, la glycémie, la coagulation) et augmenter les risques, surtout en cas de traitement cardiovasculaire ou antidiabétique.
Si tu explores les remèdes de grand-mère, l’article SoliNature sur les remèdes naturels qui fonctionnent vraiment aide à faire le tri entre traditions utiles et mélanges trop risqués.
Comment utiliser le ginkgo biloba en limitant les dangers ?
Pour limiter les dangers du ginkgo biloba, il est recommandé de privilégier les extraits standardisés de feuilles, de respecter les doses indiquées, de limiter la durée de cure (quelques semaines) et d’éviter les associations à risque avec certains médicaments ou plantes fluidifiantes.

Les monographies européennes et nord-américaines utilisent généralement des extraits standardisés autour de 120 à 240 mg par jour chez l’adulte, répartis en 2 à 3 prises. La tolérance est jugée globalement bonne dans ces fourchettes, à condition que la personne ne présente ni trouble de la coagulation, ni antécédent de convulsion.
En pratique :
- choisis des produits mentionnant un extrait de feuilles standardisé, plutôt que des graines ou des mélanges obscurs ;
- commence par la dose minimale et observe la tolérance sur une semaine ;
- évite les cures prolongées sans réévaluation (au-delà de 3 mois) ;
- ne cumule pas ginkgo avec d’autres plantes fluidifiantes (ail, saule blanc, ginseng, hamamélis) sans avis médical ;
- arrête au moins 2 semaines avant une opération programmée.
Astuce : si tu utilises plusieurs plantes au quotidien, un petit tableau maison avec « nom de la plante / effets principaux / contre-indications » permet de garder une vue d’ensemble. L’article SoliNature sur les temps de pose des soins naturels propose ce type de logique appliquée aux cosmétiques.
Exemple de schéma de prise et de précautions
| Élément | Recommandation |
| Forme utilisée | Extrait standardisé de feuilles de ginkgo biloba (gélules ou comprimés) |
| Dose quotidienne usuelle | 120 à 240 mg/jour, en 2 à 3 prises, selon indication et notice du produit |
| Durée de cure | 4 à 8 semaines, réévaluation ensuite avec un professionnel de santé |
| Situations à éviter | Grossesse, allaitement, épilepsie, antécédent de saignement cérébral, chirurgie programmée |
| Médicaments à risque | Anticoagulants, antiagrégants (aspirine, clopidogrel), AINS, certains antidépresseurs ISRS, antiépileptiques |
| Aliments/plantes à éviter en association | Ail à forte dose, saule blanc, ginseng, hamamélis, vitamine E à haute dose, autres plantes fluidifiantes |
FAQ : questions fréquentes sur les dangers du ginkgo biloba
Le ginkgo biloba est-il dangereux pour la mémoire ?
Les études cliniques ont surtout exploré le ginkgo biloba comme soutien possible pour les troubles cognitifs liés à l’âge. L’extrait de feuille n’a pas montré d’effets délétères spécifiques sur la mémoire dans ces travaux, mais son efficacité reste modeste et discutée. Les dangers viennent davantage des interactions médicamenteuses et du risque de saignement que d’un impact direct sur les neurones.
Le ginkgo biloba est-il sans risque chez la personne âgée ?
Chez la personne âgée, le ginkgo est plus délicat à manier. Le risque de saignement augmente avec l’âge, surtout en cas de traitement anticoagulant, d’antécédent d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou de chirurgie prévue. Les monographies recommandent une évaluation personnalisée, en tenant compte de tous les médicaments pris. Un suivi médical est indispensable avant de démarrer une cure à visée cognitive ou circulatoire.
Peut-on prendre du ginkgo biloba pendant la grossesse ?
Les autorités de santé déconseillent la prise de ginkgo biloba pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données solides et en raison du risque théorique de saignement et de passage de certains composés au fœtus ou au nourrisson. Si tu envisages une grossesse ou si tu allaites, il est préférable de s’orienter vers des approches non pharmacologiques (alimentation, hygiène de vie) plutôt que vers des compléments circulatoires.
Les graines de ginkgo biloba sont-elles plus dangereuses que les feuilles ?
Oui. Les graines crues ou rôties de ginkgo contiennent davantage de ginkgotoxine, un composé neurotoxique qui peut provoquer des convulsions, des troubles neurologiques sévères et, dans de rares cas, des décès. Les extraits médicinaux utilisent les feuilles, beaucoup moins concentrées, mais la prudence reste nécessaire. Les grandes institutions (Mayo Clinic, NCCIH) recommandent de ne jamais consommer de graines de ginkgo en automédication.
Le ginkgo biloba peut-il provoquer des boutons ou des réactions cutanées ?
Le ginkgo peut entraîner des réactions cutanées chez les personnes sensibles : rougeurs, démangeaisons, urticaire, voire des réactions plus sévères comme un exanthème pustuleux généralisé aigu. En cas de nouvelle poussée de boutons ou d’éruption après le début d’une cure, il est raisonnable d’arrêter le complément et de consulter. Pour faire le tri avec les autres causes possibles d’imperfections, l’article SoliNature sur les boutons et solutions naturelles peut t’aider.
En résumé, le ginkgo biloba n’est pas une plante « anodine », mais un outil potentiellement utile lorsqu’il est utilisé avec discernement, en prenant en compte ton profil de santé, tes traitements et les autres plantes que tu consommes au quotidien.